
La réalité des établissements médicalisés le montre chaque jour : la sédentarité progresse vite une fois installé en maison de retraite. Selon les données 2023 de l »enquête EHPA publiées par la DREES, 85 % des résidents en EHPAD présentent une perte d »autonomie classée entre GIR 1 et GIR 4, et plus de la moitié sont en situation de dépendance sévère. Face à ces chiffres, maintenir une activité physique régulière devient un enjeu majeur pour ralentir le déclin fonctionnel, préserver la mobilité et soutenir le moral des résidents. Pourtant, entre les limitations de santé, la démotivation et les contraintes d »organisation, instaurer une vraie routine sportive en établissement relève souvent du parcours du combattant. Quels exercices sont réellement praticables selon le niveau d »autonomie de votre proche ? Comment dépasser les refus et installer une régularité durable ? Cet article vous donne les repères concrets pour transformer l »activité physique en EHPAD en levier de bien-être quotidien.
Ce constat ne date pas d’hier, mais la publication récente des statistiques nationales 2023 confirme l’urgence d’agir. Sur 573 100 personnes âgées hébergées en EHPAD fin 2023, 55 % sont classées en GIR 1 ou 2, soit en situation de dépendance très sévère nécessitant une aide humaine permanente pour les gestes essentiels. Cette proportion illustre la complexité de mettre en place des programmes d’activité physique réellement adaptés : un exercice pertinent pour un résident GIR 5 devient dangereux ou inaccessible pour un résident GIR 2. L’enjeu pour les établissements consiste donc à organiser une offre diversifiée, capable de répondre à des besoins hétérogènes au sein d’une même structure.
Parallèlement, le cadre réglementaire a évolué en 2025 pour renforcer le rôle du médecin coordonnateur dans l’élaboration de programmes de prévention incluant l’activité physique adaptée. Cette évolution témoigne d’une prise de conscience institutionnelle : l’activité physique en établissement ne relève plus du seul domaine de l’animation, mais constitue désormais un axe thérapeutique à part entière, prescriptible et évaluable. Pour les familles, cette professionnalisation offre des garanties nouvelles en matière de sécurité et d’efficacité des programmes proposés, à condition de savoir interroger l’établissement sur ses pratiques réelles.
Les 4 clés pour maintenir l »activité physique en EHPAD :
- Adapter systématiquement les exercices au niveau d »autonomie du résident (GIR) pour éviter un abandon précoce
- Valoriser les micro-activités du quotidien (marche vers le réfectoire, jardinage) autant que les séances formelles
- Vérifier que l »établissement propose un suivi personnalisé et non un programme uniforme pour tous
- Encourager la participation en identifiant les freins réels (peur, gêne sociale, fatigue) avec l »équipe soignante
Pourquoi l’activité physique ralentit la dépendance en EHPAD
Les études scientifiques récentes ne laissent aucune ambiguïté : l »activité physique adaptée constitue l »un des rares leviers capables de ralentir la perte d »autonomie chez les personnes âgées dépendantes. Les résidents qui pratiquent régulièrement des exercices adaptés conservent significativement plus de mobilité que ceux qui demeurent sédentaires, selon les cohortes suivies par la Inserm en gérontologie. Ce gain se traduit concrètement par une capacité préservée à se lever seul d »une chaise, à marcher sans aide sur de courtes distances ou à maintenir l »équilibre lors des transferts. Dans un contexte où plus de la moitié des résidents en EHPAD sont classés en GIR 1 ou 2 (dépendance totale ou sévère), chaque geste de mobilité compte pour maintenir une qualité de vie acceptable.
Lors du choix d »un établissement, vérifier la qualité du programme d »activités constitue donc un critère décisif, notamment dans des villes où plusieurs EHPAD à Hyères proposent des approches très différentes selon leurs moyens et leur projet de soins. Certains établissements disposent d »un kinésithérapeute dédié et d »un planning structuré, d »autres se limitent à quelques ateliers mensuels sans réelle adaptation individuelle. Cette disparité explique en partie pourquoi un nombre important de résidents abandonnent les programmes d »exercices uniformes dans les premiers mois, selon les observations de terrain rapportées par la HAS. L »enjeu pour les familles est d »identifier rapidement si l »EHPAD personnalise son offre ou applique un format standardisé inadapté aux capacités réelles de leur proche.
Au-delà de la mobilité, les bénéfices touchent aussi la santé cardiovasculaire, l »équilibre (réduction du risque de chute) et le bien-être psychologique. La dimension sociale des séances collectives joue un rôle décisif : sortir de sa chambre, échanger avec d »autres résidents, retrouver un rythme hebdomadaire structuré. Ces éléments contribuent à limiter l »isolement et à donner du sens aux journées. Comme le référentiel de prescription APA publié par la Haute Autorité de Santé le rappelle, toute augmentation du niveau d »activité physique, même inférieure aux recommandations de l »OMS, est bénéfique et doit être encouragée chez les personnes âgées fragiles.
Cette approche progressive trouve un fondement supplémentaire dans le cadre légal actualisé en 2025. La prescription d’activité physique adaptée sur ordonnance, encadrée par les lois du 26 janvier 2016 et du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, reconnaît officiellement l’APA comme une thérapeutique non médicamenteuse validée chez les personnes âgées en perte d’autonomie. Le médecin coordonnateur peut désormais prescrire formellement des séances d’APA, ce qui permet un remboursement partiel dans certaines configurations et garantit une évaluation médicale préalable. Cette reconnaissance institutionnelle transforme l’activité physique d’un simple loisir en composante essentielle du parcours de soins en EHPAD, au même titre que la kinésithérapie ou l’ergothérapie.
Les établissements les plus performants intègrent cette dimension dès l’admission du résident. Le médecin coordonnateur évalue systématiquement le niveau de dépendance via la grille AGGIR (qui détermine le GIR de 1 à 6), puis élabore avec l’équipe pluridisciplinaire un programme de prévention personnalisé incluant des objectifs d’activité physique mesurables. Ce protocole structuré, désormais obligatoire depuis l’entrée en vigueur du décret n° 2025-897, permet de suivre l’évolution des capacités motrices du résident tous les trois à six mois et d’ajuster les exercices en conséquence. Pour les familles, cette traçabilité offre une garantie de sérieux et facilite le dialogue avec l’équipe soignante lors des points d’étape réguliers.

Les exercices qui fonctionnent vraiment en maison de retraite
Contrairement à une idée reçue, les exercices les plus efficaces ne sont pas toujours ceux des séances formelles de gymnastique douce. Les observations de terrain montrent que les micro-activités du quotidien — marcher de sa chambre au réfectoire, se lever plusieurs fois par jour pour aller aux toilettes, participer au jardinage en extérieur — contribuent autant au maintien de la mobilité qu »une séance hebdomadaire encadrée. Un résident qui effectue cinq allers-retours quotidiens de 20 mètres dans le couloir accumule 100 mètres de marche active, soit un volume comparable à certaines séances de kinésithérapie. Valoriser ces déplacements spontanés comme des exercices à part entière permet de renforcer la motivation et de déculpabiliser les personnes qui refusent les séances collectives.
Pour autant, les séances structurées gardent toute leur importance, à condition d »être réellement adaptées au niveau de dépendance mesuré par la grille AGGIR. Cette personnalisation illustre parfaitement l »importance des activités sportives adaptées en EHPAD, un principe que les professionnels de santé rappellent régulièrement. Comme le précise le décret n° 2025-897 publié au Journal Officiel, le médecin coordonnateur évalue et valide désormais l »état de dépendance des résidents via le GIR, ce qui conditionne directement la nature des activités physiques proposées et sécurise leur mise en œuvre.
Cette évaluation initiale détermine le contenu précis du programme. Pour les résidents en GIR 1-2, totalement dépendants et souvent alités, la mobilisation passive devient l’unique option : des mouvements articulaires doux réalisés par un kinésithérapeute deux fois par jour préviennent l’ankylose et maintiennent une amplitude minimale. Ces gestes techniques, invisibles lors d’une visite, constituent pourtant une forme d’activité physique adaptée essentielle pour éviter l’enraidissement articulaire et les escarres. Les familles doivent donc s’assurer que l’EHPAD dispose bien d’un temps de kinésithérapie hebdomadaire dédié à leur proche, même en cas de dépendance totale, et ne pas considérer que « rien n’est possible » à ce stade.
Pour les résidents en GIR 3-4, présentant une dépendance partielle avec mobilité réduite, l’éventail s’élargit considérablement. Les exercices assis sur chaise avec accoudoirs deviennent praticables : renforcement des bras à l’aide d’élastiques légers (résistance minimale), équilibre assis-debout répété dix fois de suite, marche accompagnée avec déambulateur 10 à 15 minutes par jour dans le couloir ou le jardin. Ces activités, accessibles à la majorité des résidents d’EHPAD selon les statistiques DREES 2023, représentent le cœur des programmes collectifs efficaces. Elles nécessitent toutefois un encadrement professionnel formé pour sécuriser les mouvements et ajuster l’intensité selon la fatigue ou les douleurs exprimées.
Enfin, pour les résidents en GIR 5-6, autonomes ou quasi-autonomes (minoritaires en EHPAD mais présents dans les résidences seniors médicalisées), les séances de gymnastique douce collective 2 à 3 fois par semaine, les parcours de motricité avec obstacles simples, la marche libre dans l’établissement ou le jardin, et les ateliers d’équilibre (jeux de ballon, transferts de poids) offrent des possibilités proches de celles proposées en milieu ordinaire. Ces résidents bénéficient également des fiches spécifiques publiées en mars 2024 par la HAS pour les personnes âgées à risque de chute, qui détaillent des exercices de renforcement musculaire et d’équilibre particulièrement efficaces pour prévenir les accidents.
Quel que soit le niveau d’autonomie, les programmes qui fonctionnent sur la durée combinent systématiquement séances collectives structurées et valorisation des micro-activités quotidiennes. Cette approche duale permet d’atteindre un volume hebdomadaire d’activité physique significatif même pour les résidents les plus réticents aux séances formelles. Les équipements utilisés restent volontairement simples et sécurisés afin de rassurer les participants : ballons en mousse de 20 centimètres de diamètre, élastiques de résistance douce, chaises stables avec accoudoirs, tapis antidérapants. L »objectif n »est jamais la performance, mais la régularité et le plaisir retrouvé du mouvement, deux facteurs déterminants pour maintenir l’adhésion à long terme.

Pour faciliter le choix des exercices adaptés au profil précis de votre proche, voici une synthèse opérationnelle tenant compte du niveau de dépendance évalué par le médecin coordonnateur :
Quels exercices selon le niveau d »autonomie de votre proche ?
- Si votre proche est classé GIR 1-2 (dépendance totale, alité) :
Privilégiez la mobilisation passive au lit réalisée par un kinésithérapeute, avec des mouvements articulaires doux des bras et des jambes deux fois par jour. Ces exercices préviennent l »ankylose et maintiennent une amplitude minimale.
- Si votre proche est classé GIR 3-4 (dépendance partielle, mobilité réduite) :
Orientez-vous vers des exercices assis sur chaise avec accoudoirs : renforcement des bras à l »aide d »élastiques légers, équilibre assis-debout répété, marche accompagnée avec déambulateur 10 à 15 minutes par jour dans le couloir ou le jardin.
- Si votre proche est classé GIR 5-6 (autonome ou quasi-autonome) :
Encouragez la participation aux séances de gymnastique douce collective 2 à 3 fois par semaine, aux parcours de motricité avec obstacles simples, à la marche libre dans l »établissement ou le jardin, et aux ateliers d »équilibre (jeux de ballon, transferts de poids).
Comment transformer les refus en adhésion durable
Le principal obstacle à la régularité ne réside pas dans l »absence de programme, mais dans le refus initial du résident. Fatigue chronique, crainte de se montrer en difficulté devant les autres, douleurs articulaires anticipées, sentiment que « ça ne sert à rien à mon âge » : les motifs d »abandon sont nombreux et souvent légitimes. Les équipes soignantes constatent que le pic de désengagement se situe entre la deuxième et la quatrième semaine, moment où l »effet nouveauté s »estompe et où les difficultés physiques deviennent plus visibles. Identifier le frein spécifique de votre proche (gêne sociale, douleur réelle, manque de motivation) permet d »ajuster l »approche avec l »animateur ou le kinésithérapeute référent.
Cette identification passe souvent par un entretien individuel mené par l’infirmier coordonnateur (IDEC), dont le statut a été officiellement créé par le décret de septembre 2025. Ce professionnel assure désormais un rôle pivot dans l’accompagnement quotidien des résidents et peut détecter les signaux faibles de refus avant qu’ils ne se transforment en abandon définitif. Un résident qui arrive systématiquement en retard aux séances, qui s’assoit à l’écart du groupe ou qui invoque des prétextes variés pour s’absenter exprime souvent une gêne qu’un simple ajustement d’horaire ou de format peut résoudre. Les familles doivent donc solliciter régulièrement ces professionnels pour maintenir un dialogue constructif autour de la participation de leur proche.
Le cas de Madame D., 82 ans : de l »abandon à la reprise
Madame D., 82 ans, résidente en EHPAD dans le Var avec un classement GIR 3 et une arthrose sévère des genoux, avait abandonné le programme de gymnastique douce collective après seulement un mois. Motif invoqué lors d »un entretien avec l »aide-soignante : une crainte intense de douleurs articulaires lors des exercices debout, renforcée par une chute légère survenue deux semaines plus tôt dans sa chambre. L »équipe médicale a alors proposé un ajustement en deux temps : d »abord six semaines de séances individuelles avec le kinésithérapeute, centrées exclusivement sur des exercices assis et des étirements doux des membres inférieurs, puis une réintégration progressive au groupe avec des adaptations matérielles (chaise disponible en permanence, autorisation de pause à tout moment). Résultat : Madame D. participe désormais régulièrement depuis huit mois et a retrouvé une meilleure confiance dans ses capacités motrices.
Ce type de parcours met en lumière une règle essentielle : l »échec initial ne doit jamais être interprété comme un refus définitif, mais comme un signal d »inadaptation du format proposé. Les établissements qui acceptent de personnaliser leur accompagnement (horaires décalés, séances courtes de 15 minutes au lieu de 45, exercices en chambre) obtiennent des taux de reprise significativement plus élevés. Le rôle des familles devient alors décisif : valoriser chaque petit progrès (« tu as marché jusqu »au bout du couloir aujourd »hui »), accompagner son proche lors d »une première séance pour le rassurer, discuter régulièrement avec l »animateur pour ajuster le programme. Cette implication transforme l »activité physique en projet commun plutôt qu »en contrainte imposée par l »institution.
Au-delà de l’ajustement technique, la dimension affective joue un rôle majeur dans l’adhésion durable. Les résidents qui perçoivent les séances comme un moment de lien social plutôt que comme un exercice médical participent plus régulièrement et avec davantage de plaisir. Certains établissements organisent d’ailleurs des « cafés-mouvement » où les exercices sont entrecoupés de temps d’échange informel, ou proposent des séances en musique avec des chansons familières qui stimulent la motivation. Ces formats hybrides, à mi-chemin entre l’atelier thérapeutique et l’activité récréative, rencontrent souvent un meilleur succès que les programmes exclusivement centrés sur la performance motrice.
Pour faciliter ce suivi et évaluer la qualité du programme proposé par l »EHPAD, certaines questions clés permettent de vérifier rapidement si l »établissement dispose des moyens et de l »organisation nécessaires. Poser ces questions dès la visite initiale ou lors d »un point d »étape avec le médecin coordonnateur aide à maintenir l »activité physique au centre des préoccupations de l »équipe soignante et à identifier rapidement les axes d’amélioration possibles.
- Quelle est la fréquence réelle des séances d »activité physique proposées chaque semaine ?
- Les exercices sont-ils adaptés selon le niveau d »autonomie (GIR) mesuré pour chaque résident ?
- Un kinésithérapeute ou un animateur formé encadre-t-il systématiquement les séances collectives ?
- Existe-t-il un suivi individualisé de l »évolution des capacités motrices de chaque participant ?
- Comment l »établissement gère-t-il concrètement les résidents qui refusent de participer aux activités collectives ?
- Les activités informelles du quotidien (marche, jardinage, mise de table) sont-elles valorisées dans le projet de soins ?
- Les familles peuvent-elles accompagner leur proche lors d »une séance pour observer le déroulement et rassurer le résident ?
- Existe-t-il des créneaux d »activité physique spontanée en dehors du planning officiel affiché ?
Questions fréquentes sur l »activité physique en EHPAD
Les familles confrontées à l’organisation de l’activité physique de leur proche en EHPAD partagent souvent les mêmes interrogations pratiques. Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées lors des entretiens avec les équipes médicales et les animateurs.
Mon père refuse toutes les activités collectives, que faire ?
Proposez des alternatives individuelles avec l »équipe soignante : marche accompagnée dans le couloir, exercices simples en chambre, jardinage en petit groupe. Impliquez le médecin coordonnateur ou le kinésithérapeute pour identifier la cause précise du refus (gêne sociale devant les autres résidents, fatigue en fin de matinée, douleur articulaire non traitée). Dans de nombreux cas, un ajustement de l »horaire ou du format suffit à débloquer la situation. Accompagnez votre père lors d »une première séance pour le rassurer et montrer votre soutien.
Quelle fréquence d »activité physique est recommandée en EHPAD ?
Les bonnes pratiques en gérontologie préconisent au minimum deux séances encadrées par semaine pour observer un effet mesurable sur la mobilité et l »équilibre. Idéalement, ces séances formelles doivent être complétées par des micro-activités quotidiennes (marche vers le réfectoire, lever régulier de la chaise, participation aux ateliers jardinage). Toute augmentation du niveau d »activité, même inférieure aux recommandations classiques, reste bénéfique pour ralentir la perte d »autonomie.
Y a-t-il un risque de chute pendant les exercices ?
Les séances encadrées par des professionnels formés (kinésithérapeute, animateur diplômé en activité physique adaptée) minimisent fortement ce risque. Les exercices sont systématiquement adaptés aux capacités individuelles et souvent réalisés en position assise ou avec un support stable (chaise, barre murale, déambulateur). Le médecin coordonnateur valide au préalable l »aptitude du résident à participer. Les chutes surviennent plus fréquemment lors de déplacements non accompagnés dans la chambre que pendant les séances supervisées.
Les activités physiques sont-elles payantes en plus du tarif EHPAD ?
Non, les activités collectives de gymnastique douce, d »équilibre ou de marche accompagnée font généralement partie intégrante du tarif dépendance acquitté mensuellement. Seules les séances de kinésithérapie prescrites médicalement par le médecin traitant ou le médecin coordonnateur peuvent donner lieu à une facturation séparée, avec possibilité de remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle selon les conditions habituelles. Vérifiez ce point dans le contrat de séjour lors de l »admission.
Comment puis-je encourager ma mère à participer davantage ?
Valorisez systématiquement chaque progrès même minime (« tu as tenu debout plus longtemps cette semaine »), accompagnez-la lors d »une première séance pour la rassurer sur l »ambiance bienveillante du groupe, et discutez régulièrement avec l »animateur pour identifier une activité qu »elle apprécierait particulièrement. La dimension ludique et sociale constitue souvent un moteur plus puissant que l »objectif de santé : certains résidents viennent d »abord pour retrouver d »autres personnes, et l »exercice devient secondaire. Respectez aussi ses refus temporaires sans culpabiliser.
Mon proche a des troubles cognitifs, peut-il quand même faire du sport ?
Oui, des activités spécifiquement adaptées existent pour les résidents atteints de la maladie d »Alzheimer ou de troubles apparentés. Les établissements proposent alors des parcours de motricité ludiques avec obstacles colorés, des exercices rythmés par de la musique familière, des séances de stimulation douce combinant mouvement et stimulation sensorielle. La dimension sociale, sensorielle et affective est privilégiée sur la performance physique. Pour aller plus loin dans la démarche d »accompagnement de votre proche, découvrez comment mettre en place un programme personnalisé adapté à sa condition physique, avec l »aide d »un professionnel.
L’activité physique adaptée peut-elle être prescrite sur ordonnance en EHPAD ?
Oui, depuis les lois du 26 janvier 2016 et du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, le médecin coordonnateur de l’EHPAD peut prescrire formellement des séances d’activité physique adaptée (APA) sur ordonnance. Ces programmes en APA sont reconnus comme des thérapeutiques non médicamenteuses validées chez les personnes âgées en perte d’autonomie, selon le référentiel de la Haute Autorité de Santé. La prescription s’appuie sur une classification en 4 niveaux d’intervention, les programmes APA correspondant au niveau 2. Cette formalisation permet dans certains cas un remboursement partiel et garantit une évaluation médicale préalable sécurisant la pratique.
Comment sont adaptés les exercices pour les résidents atteints de pathologies multiples ?
Le médecin coordonnateur évalue systématiquement l’état de dépendance via la grille AGGIR (qui détermine le GIR de 1 à 6) et tient compte des pathologies associées avant de valider la participation du résident aux activités physiques. Pour les 38 % de résidents souffrant de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée (268 200 personnes selon les données DREES 2023), des formats spécifiques privilégient la stimulation sensorielle et la simplicité des consignes. Pour les résidents cumulant arthrose, troubles cardiaques et fragilité osseuse, les exercices sont exclusivement réalisés en position assise avec des supports stables, sous surveillance d’un professionnel formé. L’objectif reste toujours d’adapter l’activité aux capacités réelles, jamais d’imposer un standard uniforme.
Précautions et limites
Les recommandations générales présentées dans cet article ne remplacent pas un avis médical personnalisé adapté à l »état de santé spécifique du résident. Toute reprise ou modification d »activité physique doit être validée au préalable par le médecin coordinateur de l »EHPAD, le gériatre ou le kinésithérapeute référent. Les exercices suggérés nécessitent une adaptation systématique selon le GIR (niveau de dépendance mesuré par la grille AGGIR) et les pathologies associées de chaque personne. En cas de doute, consultez le médecin coordinateur de l »EHPAD, un gériatre ou un kinésithérapeute spécialisé en gérontologie.